Pour continuer dans la lignée des articles de réflexion/d'opinion, parlons d'écologie. Petite parenthèse (grande, en fait) avant cela, ce n'est pas parce que je critique que je ne me plais pas ici; je me plais beaucoup à Montréal. Mais j'ai entendu dire très justement au cours de l'année qu'on a tendance à être plus indulgent avec un pays étranger; à s'en émerveiller, à voir ce qu'il y a de mieux que chez soi, certes à regretter ce qui nous y manque, mais aussi à en occulter les défauts ou à les excuser un peu rapidement. Il faut trouver le bon équilibre entre acceptation de la société qui nous accueille ("ici c'est moi l'étranger") et lucidité sur ses incohérences.
Bon et à part ça, je trouve ça intéressant de creuser une question et de poser ses idées à l'écrit, même si ça prend un peu de temps.
On entend pas mal parler d'écologie ici. Le festival de jazz se veut carboneutre, les autres déclarent vouloir diminuer leur empreinte sur l'environnement. Un produit de consommation est vite déclaré "écologique". La STM (équivalent de la RATP) fait de la pub en jouant sur le caractère moins émissif des bus et du métro (des affiches du style "la ligne orange est verte aussi" ou "un bus = 50 autos en moins sur l'autoroute"; un gros ballon de 125 m³ au parc Jean-Drapeau censé représenter le volume des émissions de CO2 évitées chaque jour par 90 clients,
btw je pense que la RATP aurait plutôt utilisé le terme "usager").
Là-derrière, il y a de l'authentique mais aussi de la bonne conscience hypocrite. Ce ballon de la STM a été installé à l'occasion du Grand Prix de F1 de Montréal. Le festival de jazz carboneutre, à partir du moment où il attire des gens venus d'assez loin, c'est foutu. Le supermarché fait payer les sachets plastiques quand je mange tous les jours dans une assiette en polystyrène avec des couverts en plastique, à la cantine de Polytechnique Montréal. Et vous avez déjà remarqué la quantité d'emballages qu'un repas dans un fast food représente? Quand on pense que c'est le repas de midi quotidien de pas mal de gens...
Je mets un pull quasiment tous les jours en rentrant dans les bâtiments de Poly quand il fait 30° dehors tellement ils climatisent.
Comme chez nous, la grande majorité des voitures ne sont occupées que par une personne. Résultat : en dehors des jours de vent ou des lendemains de pluie, l'horizon est bouché par un smog brunâtre plus ou moins épais.
Ça c'était pour l'hypocrisie. A côté de ça, il y a un gros effort de fait sur le tri des déchets : tout le monde a sa poubelle pour emballages, et le ramassage est fait séparément. De même dans le métro et au centre-ville, il y a des poubelles séparées pour le recyclable. Et les pubs de la STM, c'est pas du pipo. Le réseau de transports en commun est complet, les bus sont redoutablement à l'heure (parfois en avance...), le métro est très efficace, et l'ensemble est fiable, ce qui manque tellement au RER A. Par exemple, quand je vais prendre le TGV à la gare de l'Est, je prévois beaucoup de marge parce qu'un problème qui fait perdre 20 minutes, c'est vite arrivé sur le A. Alors que l'autre jour, je devais prendre le bus pour aller à Boston, même genre d'enjeu donc, je n'ai à aucun moment eu de doute sur la capacité du métro à m'amener à temps à mon bus.
Et puis, ça rend quand même optimiste de voir qu'il y a une conscience écologique dans les villes, quand bien même hypocrite. C'est toujours un bon début. C'est dans et pour les villes que se fait la pollution. On n'aura plus besoin d'aller
dévaster la forêt boréale en Alberta lorsque celles-ci auront diminué leur consommation de pétrole.