lundi 16 août 2010

Diversité!

(Alexandra si tu lis ce blog...)

Et en plus la musique était bonne!
Toutes ces photos je les ai prises à la "Mega T-Dance" des Célébrations de la Fierté. En ce qui concerne le défilé, je suis arrivé une heure et demie après le début donc j'ai dû en rater quelques morceaux. Voici quand même quelques photos :

Non les policiers ne défilent pas. Ils roulent sur leur espèce de Segway à trois roues pour faire reculer les gens.

Et finalement deux photos de la place où j'ai pris tous les portraits. Le sponsor principal, la banque TD, était aussi le sponsor principal du festival de jazz.

jeudi 12 août 2010

Aviron Lachine

J'en ai déjà parlé par-ci par-là dans mes précédents messages, il est temps de détailler un peu plus et de mettre quelques photos.
Je fais donc de l'aviron au Club d'Aviron Lachine qui se trouve comme son nom l'indique non pas en Chine mais à Lachine, un arrondissement de Montréal anciennement indépendant qui a été rattaché à la ville en 2002 (voir la chronologie municipale de Montréal). Petite parenthèse, le nom de Lachine vient certainement du fait que les premiers explorateurs du secteur croyaient trouver la Chine au bout du Saint-Laurent, et au niveau de Montréal pensaient être presque arrivés.

Le club (en québécois on prononce clube) annonce fièrement être le plus vieux du Canada. Fondé en 1863, il a cependant fermé en 1961 pour être refondé en 1997. Il est plus orienté loisir que le club d'aviron de Montréal mais a quand même sa petite équipe de compétition qui vient d'avoir des résultats très satisfaisants au Henley, apparemment la compétition d'aviron d'Amérique du Nord.



Une autre fierté du club est de bénéficier d'un très beau site pour ramer, celui du lac Saint-Louis, un lac du Saint-Laurent. C'est quand même plus joli qu'un bassin, et plus dégagé qu'une rivière. Mais dès qu'il y a un peu trop de vent, sortir devient compromis à cause des vagues. Dans ce cas, il y a toujours le canal sud, voir le plan ci-dessous (les distances indiquées sont celles de l'aller-retour).
lien vers la carte du gros Google ici

Donc pour le trajet Dorval, au début de l'aller on a à peu près cette vue (j'ai pris les photos depuis le parc René-Lévesque, sur la digue d'en face, en vert sur la carte) :
On y voit le pont de chemin de fer et juste derrière le pont Mercier.
Et à la fin du retour cette vue :
L'Île-Dorval, c'est le tas d'arbre un peu à part. Elle a une cinquantaine d'habitants saisonniers. C'est d'après Wikipedia la plus petite municipalité du Canada, par la surface et le nombre d'habitants.

Quelques photos du canal sud :
vue depuis le fond
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à peu près au milieu
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L'entrée est sur la droite de la photo, où on voit quelques bateaux de plaisance.

Pendant l'été, on peut y aller toute la journée en semaine, et le week-end de 8h à midi. Mais si on veut voir du monde et ramer en groupe, c'est le week-end à 8h qu'il faut être là. Comme ça me prend quand même une heure et quart de venir, ça fait deux week-ends que je me lève à 6h le samedi et le dimanche. C'est vivifiant!

Après avoir ramé il y a de bon moments de convivialité autour d'un petit déjeuner québécois ou d'un café le week-end, ou autour d'une bière le mercredi soir, qui est l'autre occasion de la semaine de ramer en groupe. Pour l'instant ça s'est limité à du quatre, ce qui est déjà bien sympa. Je n'ai toujours pas ramé en huit, mais ça devrait venir; il y a deux compétitions à l'automne pour lesquelles ils aimeraient en faire un. Sinon le restant du temps, on rame seul ou a deux. J'ai donc eu l'occasion d'apprendre à ramer en skiff, et assez logiquement de goûter l'eau du lac Saint-Louis, comme je le mentionnais dans l'article précédent.

Quelques photos du quatre d'hier :
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(j'suis pas mécontent de cette photo)
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Lavage avant rangement.
Une photo que j'ai trouvée sur le site du club, qui donne une idée de ce à quoi ressemblait notre sortie d'hier. Sauf qu'hier c'était encore plus beau, pas de brun de pollution à l'horizon, et quelques nuages pour magnifier un peu plus le coucher du soleil.

dimanche 8 août 2010

Piknic mouillé

Le week-end du premier août, j'ai pris ma douche, à l'aviron. Ou plutôt mes douches. Deux retournements en skiff le samedi, et le dimanche une vague prise de plein fouet en quatre a décemment rempli le bateau d'une eau qui inévitablement s'est retrouvée sur nous au moment du rangement (pour sortir le bateau de l'eau, on le soulève, on le retourne et on le porte au-dessus de la tête).

Ce week-end, c'est au Piknic Electronik que j'ai pris ma douche. La météo avait prévenu : à partir de 17h, pluie sur Montréal. Elle ne s'était pas trompée. Les premières gouttes se sont montrées à 16h30. J'ai réussi à m'abriter tant bien que mal sous la sculpture de la place de l'Homme, où a lieu le Piknic (cf. cette photo). Les moins courageux sont vite partis, mais il restait un nombre largement suffisant de personnes pour assurer une bonne ambiance, pluie ou non. En fait ça ajoutait même à l'ivresse de la musique, cette pluie.

À 19h30, les tours du centre-ville ont commencé à disparaître dans une pluie soudainement épaissie. L'abri précaire du centre de la sculpture est devenu complètement inutile. J'ai encore tenu quinze minutes, puis je suis rentré, bien mouillé. J'ai veillé autant que possible à ce que mon sac reste sec, mais malgré tous mes efforts mon Condition de l'homme moderne a été atteint. Qu'importe, un livre c'est fait pour être lu, ses cicatrices montreront qu'il a vécu.

samedi 7 août 2010

Écologie

Pour continuer dans la lignée des articles de réflexion/d'opinion, parlons d'écologie. Petite parenthèse (grande, en fait) avant cela, ce n'est pas parce que je critique que je ne me plais pas ici; je me plais beaucoup à Montréal. Mais j'ai entendu dire très justement au cours de l'année qu'on a tendance à être plus indulgent avec un pays étranger; à s'en émerveiller, à voir ce qu'il y a de mieux que chez soi, certes à regretter ce qui nous y manque, mais aussi à en occulter les défauts ou à les excuser un peu rapidement. Il faut trouver le bon équilibre entre acceptation de la société qui nous accueille ("ici c'est moi l'étranger") et lucidité sur ses incohérences.
Bon et à part ça, je trouve ça intéressant de creuser une question et de poser ses idées à l'écrit, même si ça prend un peu de temps.

On entend pas mal parler d'écologie ici. Le festival de jazz se veut carboneutre, les autres déclarent vouloir diminuer leur empreinte sur l'environnement. Un produit de consommation est vite déclaré "écologique". La STM (équivalent de la RATP) fait de la pub en jouant sur le caractère moins émissif des bus et du métro (des affiches du style "la ligne orange est verte aussi" ou "un bus = 50 autos en moins sur l'autoroute"; un gros ballon de 125 m³ au parc Jean-Drapeau censé représenter le volume des émissions de CO2 évitées chaque jour par 90 clients, btw je pense que la RATP aurait plutôt utilisé le terme "usager").

Là-derrière, il y a de l'authentique mais aussi de la bonne conscience hypocrite. Ce ballon de la STM a été installé à l'occasion du Grand Prix de F1 de Montréal. Le festival de jazz carboneutre, à partir du moment où il attire des gens venus d'assez loin, c'est foutu. Le supermarché fait payer les sachets plastiques quand je mange tous les jours dans une assiette en polystyrène avec des couverts en plastique, à la cantine de Polytechnique Montréal. Et vous avez déjà remarqué la quantité d'emballages qu'un repas dans un fast food représente? Quand on pense que c'est le repas de midi quotidien de pas mal de gens... 
Je mets un pull quasiment tous les jours en rentrant dans les bâtiments de Poly quand il fait 30° dehors tellement ils climatisent. 
Comme chez nous, la grande majorité des voitures ne sont occupées que par une personne. Résultat : en dehors des jours de vent ou des lendemains de pluie, l'horizon est bouché par un smog brunâtre plus ou moins épais.

Ça c'était pour l'hypocrisie. A côté de ça, il y a un gros effort de fait sur le tri des déchets : tout le monde a sa poubelle pour emballages, et le ramassage est fait séparément. De même dans le métro et au centre-ville, il y a des poubelles séparées pour le recyclable. Et les pubs de la STM, c'est pas du pipo. Le réseau de transports en commun est complet, les bus sont redoutablement à l'heure (parfois en avance...), le métro est très efficace, et l'ensemble est fiable, ce qui manque tellement au RER A. Par exemple, quand je vais prendre le TGV à la gare de l'Est, je prévois beaucoup de marge parce qu'un problème qui fait perdre 20 minutes, c'est vite arrivé sur le A. Alors que l'autre jour, je devais prendre le bus pour aller à Boston, même genre d'enjeu donc, je n'ai à aucun moment eu de doute sur la capacité du métro à m'amener à temps à mon bus.

Et puis, ça rend quand même optimiste de voir qu'il y a une conscience écologique dans les villes, quand bien même hypocrite. C'est toujours un bon début. C'est dans et pour les villes que se fait la pollution. On n'aura plus besoin d'aller dévaster la forêt boréale en Alberta lorsque celles-ci auront diminué leur consommation de pétrole.

mercredi 4 août 2010

Le galop

Il est temps de parler de mon stage. Je ne l'avais pas encore fait parce que ça a mis un peu de temps avant que le sujet soit clair, parce qu'ici le projet commence avec mon stage, et parce que tout ça est beaucoup moins visuel que mon stage de l'année dernière. L'article d'aujourd'hui s'adresse d'ailleurs plutôt à ceux qui ont déjà fait de la mécanique des fluides, mais je vais essayer de le rendre aussi lisible que possible par tout le monde.

Le galop est un phénomène de vibration de structure sous l'effet d'un écoulement. Il est distinct du phénomène classique de vibration induite par vortex (les allées de von Karman) car il apparait en général dans un autre domaine de vitesses et produit des oscillations d'amplitudes beaucoup plus grandes et de fréquences plus faibles. Il n'apparaît que sur des structures de section non circulaire (il faut qu'il y ait une asymétrie de révolution).

Après ce charabia pour les non initiés, quelques exemples :
> Vibrations sous l'effet du vent de câbles de lignes haute tension ou de ponts suspendus dont le profil a été modifié par l'accumulation de neige ou de glace.
> Vibration de tablier de pont sous l'effet du vent. Le pont de Tacoma c'est la tarte à la crème de l'interaction fluide-structure, et bien qu'aujourd'hui les raisons de son effondrement n'aient toujours pas été entièrement élucidées, il y a du galop dans l'affaire. Une vidéo ici.
> Dans le génie civil, dès qu'on a une poutre carrée ou rectangulaire avec du vent autour.
> Dans le pétrolier, il arrive que des risers (tubes allant du sol marin à la plate-forme) soient regroupés ensemble et mis dans une gaine, l'ensemble faisant un genre de carré. Et ben sous l'effet des courants marins, ça vibre.

Dans le cadre de mon stage, on ne s'intéresse qu'aux cylindres de section carrée. J'ai lu quelques références sur le sujet, et approfondi un article précis sur le cas du carré; c'est en gros ce en quoi a constitué mon stage le premier mois. Pour les motivés, voici ce que j'en ai écrit jusqu'à présent (j'ai quasiment passé une semaine entière sur LaTeX pour obtenir ça).

mardi 3 août 2010

Il pleut

Ce matin, il pleut. Par grosses averses orageuses, comme d'habitude. L'occasion de faire écho à mon article du 18 juillet et de mettre en ligne une photo de pluie du 17 juillet.


lundi 2 août 2010

Diversité?

Le festival de la semaine dernière à Montréal, puisqu'il y a des festivals en continu tout l'été, c'était "Divers/cité, la fête gaie de Montréal, all together different".

Parlons du positif d'abord. Sur le papier, c'est bien. Le fait même qu'il existe un tel festival, sur une semaine entière, avec des moyens comparables aux autres (notamment rues fermées et scènes sponsorisées par des grandes entreprises québécoises), est une conséquence ou une illustration de l'ouverture d'esprit de cette ville (de même d'ailleurs le fait que le "village gai" soit mentionné dans tous les guides touristiques comme une des choses à voir à Montréal, sur le même plan que les autres curiosités de la ville). En plus, le concept est très louable : "Divers/Cité, la fête gaie de Montréal, est une manifestation artistique populaire, moderne et avant-gardiste. Reflet d’un cœur urbain en mouvement, le festival présente des spectacles publiques à l’écoute des nouvelles tendances et ouverts aux différences. Les nombreux visiteurs de l’extérieur de la province sont ravis d’assister, année après année, à cette fête sous le signe de la diversité et nous félicitent pour cette réussite exceptionnelle de mixité."
Je suis allé à l'événement dénommé "la grande danse" dimanche après-midi, en remplacement du Piknic Eletronik qui était inclus dans un festival de rock et électro ce week-end.

Eh bien la diversité, je ne l'ai pas vue. Premier constat en arrivant sur place : il n'y a que très peu de femmes. Et les homosexuelles alors? De tout l'après-midi, j'ai vu seulement cinq couples de femmes, sur un bon millier de personnes que j'ai dû croiser. Ensuite, on est saisi par l'uniformité : ils ont tous la même coupe, les mêmes lunettes de soleil, le même style vestimentaire, les mêmes piercings, une musculature et un bronzage exhibés qui font pas naturels, et aussi... la même couleur de peau. En gros, il n'y a là que les gays du "village", à deux pas d'ici. Où sont les autres? les gays qui ne ressemblent pas à ces clones (je concède qu'il y a plusieurs modèles de base pour les clones)? les filles? les bis? les hétéros? les noirs, les latinos, les asiatiques, les arabes? Il y en a, mais quand on sait combien Montréal est une ville cosmopolite (comme une grande ville d'Amérique du Nord, quoi), on se dit qu'il en manque. Je les ai déjà vus, les gays de la rue Sainte-Catherine, au Piknic Electronik, ils sont assez nombreux. Même là dans un milieu plutôt bienveillant, ils se regroupent dans le même coin de la piste de danse, y recréant un morceau de leur ghetto.

Bref, c'est une bonne chose que ce festival existe, mais à mon avis l'objectif est raté (à la nuance près que je n'ai vu qu'un des nombreux événements organisés). Les gays de la rue Sainte-Catherine s'amusent entre eux, exit la diversité des sexualités et la mixité ethnique. On n'ouvre pas plus les esprits étroits, et le pauvre adolescent incertain de son hétérosexualité ne sera sûrement pas rassuré par ce qu'il pourra y voir. Quant à la pauvre adolescente préoccupée par le même sujet, il n'y a rien pour elle.

Ouf, la musique était bonne.